Katsuhiro Otomo sort de l’ombre et lance son propre studio d’animation
Si vous avez un jour vu Akira, vous savez que Katsuhiro Otomo n’est pas juste un réalisateur, c’est un architecte de la science-fiction moderne. Après avoir passé plusieurs années à observer l’industrie de loin (et probablement à juger silencieusement la qualité de certains animes récents), le maître vient de poser sa première brique : Oval Gear. Oui, son propre studio d’animation à Tokyo. L’objectif ? Reprendre le contrôle total, produire des longs métrages qui claquent au box-office mondial, et surtout, prouver qu’on peut encore faire de l’animation adulte et exigeante sans se vendre au premier algorithme venu.

Otomo ne lance pas Oval Gear pour inonder Netflix de contenus oubliables. Sa mission est plus noble (et plus effrayante pour les animateurs) : transmettre son savoir-faire unique, cette obsession du détail qui a fait sa gloire. Le studio l’a confirmé : le premier long métrage est déjà en production. La chasse aux talents est ouverte, mais attention, on ne vient pas chez Otomo pour faire du remplissage. On vient apprendre, souffrir (probablement), et créer sous l’œil vigilant du maître. C’est un peu le stage le plus prestigieux — et le plus intimidant — de l’histoire de l’animation japonaise.

Le fantôme d’Orbital Era hante les couloirs
Mais alors, de quoi va parler ce fameux premier film ? C’est là que ça devient croustillant. En 2019, Otomo avait annoncé Orbital Era, un projet ambitieux sur des survivants dans une colonie spatiale, en partenariat avec Sunrise. Puis… silence radio. Le projet semblait avoir été rangé dans un tiroir, entre deux ébauches de mangas inachevés.

Sauf que les fans, ces détectives nés, ont remarqué un détail qui change tout : le logo d’Oval Gear ressemble furieusement aux concepts arts d’Orbital Era. Coïncidence ? Probablement pas. Le studio garde un silence de moine sur le sujet, refusant de confirmer si le projet a été ressuscité des cendres ou s’il s’agit d’une toute nouvelle histoire. Une chose est sûre : l’excitation est à son comble.

Le défi impossible : dépasser Akira ?
La question qui brûle toutes les lèvres est la suivante : ce nouveau film pourra-t-il un jour faire oublier Akira ? Soit Otomo nous livre un chef-d’œuvre expérimental pour tester ses nouvelles recrues, soit il prépare un coup de massue visuel destiné à redéfinir les standards une fois de plus.
Connaissant l’homme, il ne fera rien à moitié. Reste à savoir si le monde de l’animation est prêt à accueillir un nouveau choc culturel, ou si nous assistons simplement à la naissance d’un projet culte, trop en avance sur son temps. Dans tous les cas, chez Oval Gear, on ne vient pas pour regarder les étoiles, on vient pour les dessiner.



