Arale et Son Goku sont orphelins : Akira Toriyama nous a quittés !

 

Ce n’est pas tant les histoires elles-mêmes qui nous intéressent, mais plutôt les pages additionnelles que l’auteur a intercalées entre elles, car elles nous permettent d’apprendre beaucoup de choses sur la carrière de Toriyama en restituant chaque œuvre dans le contexte de sa création à l’époque.

Dès les premières pages, on y découvre Akira Toriyama qui se met en scène sous forme d’un petit homme rabougri, un peu renfermé et portant une sorte de masque à gaz qui cache son visage et qui nous dit : « …j’avais 23 ans, venant de quitter mon travail d’alors, je n’avais rien à faire et j’étais sans le sou. J’ai alors décidé de dessiner un manga et de l’envoyer au Shonen Jump. » (« Akira Toriyama histoires courtes » T1 – édition Glénat, p. 20)

Son histoire n’a pas été publiée, mais un premier contact encourageant avec celui qui deviendra son éditeur a eu lieu. En effet, contre l’avis de ses parents, il a quitté son ecole d’art et trouvé un emploi comme illustrateur pour une agence de publicité. Cependant, son comportement atypique (retards fréquents, style vestimentaire, difficulté à se lever à l’heure…) le marginalise rapidement. C’est donc pour travailler à son rythme qu’il veut devenir mangaka. Il ne se rendait absolument pas compte des contraintes du métier et prenait ça comme un travail que l’on peut effectuer en étant oisif et assez bien rémunéré. Il apprendra à ses dépens que ni l’un ni l’autre n’est vrai. Le succès et l’argent n’arrivant qu’avec un travail acharné.

Après de nombreux échanges entre les deux hommes, Toriyama arrive enfin à publier sa première histoire : « Wonder Island » ( «L’Île merveilleuse  »). Une aventure de 15 pages où l’on rencontre un soldat japonais de la Seconde Guerre mondiale affublé d’un bec d’oiseau, d’un Tarzan des temps modernes avec sa moustache et ses lunettes de soleil, une mitraillette transformée en lance-pierre, un vampire, un dinosaure, une sorcière et plein d’autres personnages plus grotesque les uns que les autres. Il faut noter que le ton burlesque est annoncé dès la première page, avec un singe sur un skateboard et un poisson volant équipé d’une bouteille d’eau sur le dos. Dans la plus pure veine des publications du Shonen Jump, Akira Toriyama cherche donc à plaire à son public en proposant des récits où le non-sens et l’humour sont de mise.

Malgré ce premier échec, une seconde chance lui est donnée. Il choisit cette fois-ci de mettre en scène un ersatz d’inspecteur Harry qui devra affronter les fureurs de son chef, les bêtises des policiers subalternes, puis rendus sur l’île, est confronté à un bébé dinosaure cracheur de feu et le fameux Tarzan moderne devenu plus fort que Superman. Défiguré, l’inspecteur rentrera au commissariat en ressemblant à la créature de Frankenstein. Le succès n’arrivant toujours pas, Toriyama se morfond et déclare :

« Je voulais arrêter de dessiner après avoir reçu mes premières payes, mais je me suis ravisé… Durant l’année qui a suivi, j’ai dessiné environ 500 pages qui ont toutes été refusées, sauf une seule fois avec « L’île Spot » qui a été publiée dans un numéro spécial du Shonen Jump… Mais la réaction du public a été froide. Quoi qu’il arrive, j’ai beaucoup appris pendant cette année morose, car j’ai su m’accrocher. Un jour Monsieur Torishima m’a demandé de dessiner une histoire avec une héroïne. Je lui ai obéi contre ma volonté. C’est ainsi qu’est né le manga « Inspecteur Tomato » qui a eu un peu de succès. C’est juste après que j’ai décidé de dessiner un autre manga, le fameux « Docteur Slump » dont le héros était une fille. » (« Akira Toriyama histoires courtes » T1 – édition Glénat, p. 36)

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1 Comment

  • BOX OFFICE STORY
    2 ans ago Reply

    Pour moi l’égal d’un Walt Disney, d’un Stan Lee ou d’un Hergé. J’en ai versé une larme.

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